Un titre volontairement provocateur, mais lisez l’argument jusqu’au bout, et vous serez surpris : même à 4€ le litre, le coût du kilomètre parcouru reste moins cher qu’en 1974, rapporté à la valeur d’une heure de SMIC. Tous les détails du calcul se trouvent en bas de page.
Si vous croyez que le litre d’essence à 2,30€ est hors de prix, votre impression est totalement compréhensible, et il faut l’entendre. L’entendre et en tenir compte, pleinement et à court terme. Le passage à 4€ (ou à 5€) ne peut être qu’une trajectoire, avec des mesures d’accompagnement élaborées, et toutes les aides nécessaires pour ceux qui n’ont vraiment pas le choix.
La transition vers la voiture électrique peut sans doute offrir une solution à court terme, mais c’est loin d’être la panacée.
Il nous faut des mesures structurelles pour revoir rapidement l’offre de transport, en favorisant réellement les déplacements à pied, à vélo, les véhicules intermédiaires et les transports en commun. Et revoir complètement, à moyen terme, l’aménagement du territoire, en rapprochant les lieux de travail, les commerces et les logements.
Revenons aux chiffres, et ne regardons pas l’évolution du prix de l’essence simplement en euros, mais en le rapportant à une heure de salaire minimum (SMIC). En 1974, après le premier choc pétrolier, une heure de SMIC nous permettait d’acheter 3,2 litres, en 2026 nous pouvons en acheter 5,7.
Et là, on se rend compte que, relativement à l’évolution des salaires, le litre d’essence a baissé. Sans compter la consommation moyenne des voitures, passée de 10 litres en 1974 à 5 à 6 litres aujourd’hui. En d’autres termes, avec une heure de SMIC en 1974, on parcourait 30 kilomètres, et aujourd’hui on en parcourt 100.
Enfin, il faut savoir ce qu’on veut : on ne peut pas, sur le temps long, convenir que nous devons diminuer drastiquement l’utilisation des énergies fossiles, et soutenir des politiques qui font exactement l’inverse. On ne peut plus tolérer que l’avion soit moins cher que le train : l’économie doit être au service de la politique, et non l’inverse.
L’impact du “signal-prix” peut être considérable, comme on l’a vu avec les cigarettes. Notons qu’en Australie par exemple, le paquet de cigarettes coûte entre 25 et 40€. Comparaison n’est pas raison : l’essence est aujourd’hui plus critique dans la vie de beaucoup que la cigarette. Rappelons encore une fois qu’il doit s’agir d’une trajectoire, et qu’un ensemble de mesures d’accompagnement doit impérativement être mis en place. En veillant à ce que ces mesures soient socialement justes mais transitoires, et que les changements structurels évoqués plus haut s’accélèrent.
A lire également l’article de Michel De Muelenaere sur les 15 milliards de subsides aux énergies fossiles en Belgique, qu’il est impératif d’arrêter et de rediriger – a minima – vers les énergies renouvelables – même si la seule vraie solution serait de les diriger vers la sobriété énergétique !
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Note : ce qui suit est une interrogation de l’IA Gemini le 16 septembre 2026
France – prix du litre d’essence en 1974 et comparaison avec le pouvoir d’achat actuel
En comparant 1974 à aujourd’hui, on réalise que malgré la flambée record des prix à la pompe (provoquée par les tensions géopolitiques qui poussent l’essence à 2,15 € le litre), l’essence reste plus abordable aujourd’hui qu’en 1974 si on la rapporte au pouvoir d’achat du salaire minimum. [1, 2]
Voici comment se structure cette différence à travers deux indicateurs clés :
1. Le pouvoir d’achat horaire (Le « SMIC Essence »)
La méthode la plus concrète pour mesurer le pouvoir d’achat consiste à calculer combien de litres d’essence on peut s’offrir avec une heure de travail au salaire minimum (brut) :
| Année | Salaire minimum horaire (brut) | Prix moyen du litre d’essence | Nombre de litres achetés avec 1h de salaire |
| 1974 | 5,43 francs | 1,69 franc | 🛒 3,2 litres |
| Aujourd’hui (2026) | 12,31 € | 2,15 € (SP95-E10) | 🛒 5,7 litres |
Même avec une essence dépassant les 2 euros, un salarié au SMIC peut acheter près de 80 % de carburant en plus pour une heure de travail qu’au moment du premier choc pétrolier. [1, 2, 3, 4]
2. Le calcul en « euros constants » (Inflation brute)
Si l’on convertit strictement les 1,69 franc de 1974 en monnaie d’aujourd’hui (via le Calculateur d’inflation de l’Insee), cette somme équivaut à environ 1,65 €.
- En euros constants (corrigés uniquement de l’érosion monétaire), le litre d’essence actuel (2,15 €) est donc intrinsèquement plus cher qu’en 1974. [1, 2]
- Cependant, cette approche ne prend pas en compte le fait que les salaires globaux ont progressé beaucoup plus vite que l’inflation depuis 50 ans, ce qui amortit le coût réel pour les ménages. [1, 2]
🚗 Un autre facteur : La consommation des voitures
Pour être tout à fait juste sur le budget des automobilistes, il faut ajouter qu’en 1974, une voiture moyenne consommait environ 10 litres aux 100 km. Aujourd’hui, un véhicule moderne tourne plutôt autour de 5 à 6 litres aux 100 km. Pour un même trajet, on consomme donc deux fois moins de carburant qu’à l’époque. [1]
Last updated on October 2, 2026
NB: la photo vient de l’excellent documentaire « Welcome to Sodom »
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Merci Michel pour cet article très pertinent
Ce serait peut-être intéressant de le faire suivre à nos décideurs politiques afin qu’ils puissent sortir du cadre de l’épure sur la manière de résoudre plus aisément l’équation difficile de l’équilibre budgétaire …
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