La coopération au développement est « inattaquable »… Il s’agit non seulement d’une bonne intention, mais qui peut oser critiquer cette aide à des populations qui en ont réellement besoin, qui ont des conditions de vie indécentes ?
Les projets sont souvent excellents, et les gens qui s’y consacrent méritent respect et admiration ! Et pourtant… :
1. Le but premier de la coopération n’est-il pas de déculpabiliser les populations occidentales, quand elles voient tous ces « pauvres gens » mourir de faim ? mais en même temps, personne en veut comprendre que notre niveau de vie n’est possible que parce que ces inégalités subsistent. La planète ne pourra jamais supporter que tous ses habitants vivent comme nous. Et ce maintien des inégalités de base arrange bien entendu toute la classe dirigeante occidentale…
2. Surtout que, dans le même temps où nous donnons généreusement 0.5% de notre activité, les écarts se creusent, les termes de l’échange se dégradent au profit des pays industrialisés. La relève étant déjà assurée au niveau des services ou de l’économie de la connaissance…
3. Et enfin toute coopération, même et surtout bien intentionnée (c’est alors plus insidieux), véhicule le mode de penser occidental, participe à une domination écrasante des autres cultures, des autres langues, des autres manières de penser, des autres modes d’organisation sociale.
L’annonce de Didier Reynders (visitant la RDC ce 27 novembre 2017) sur l’intention de la Belgique de revoir son mode de coopération au développement avec la RDC va-t-elle aller dans le bon sens ?
https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reynders-a-kinsasha-nous-voulons-aider-directement-le-peuple-congolais?id=9773896
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Merci pour ta contribution au débat !
Crois-tu “pensable” que Didier Reynders souhaite vraiment changer la politique belge en matière de coopération au développement ? Faire en sorte qu’on évite les détournements massifs est sans nul doute un progrès. Mais qu’un ministre se mette en scène et en arrive à (je cite) “donner directement aux enfants dans dans la rue” me semble relever uniquement d’une communication-spectacle d’un autre âge.
Je ne crois pas qu’il y ait la moindre volonté d’aller plus loin dans une remise en cause “existentielle” de la coopération au développement : des aménagements à la marge, soit, mais surtout qu’on ne touche pas aux fondements d’un système qui nous arrange bien!
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