![]()
L’entropie est une notion utilisée au départ en thermodynamique.
La première loi de la thermodynamique dit en substance : « Rien ne se perd, rien ne se crée ». C’est le principe de conservation de l’énergie. On s’intéresse ici à la quantité d’énergie.
La deuxième loi de la thermodynamique nous dit « Tout se dégrade » : l’énergie se transforme inéluctablement en chaleur, qui est la forme la moins « noble » de l’énergie. L’entropie est une mesure de la qualité de l’énergie, une mesure de sa dégradation. Plus l’énergie est dégradée, plus l’entropie est élevée.
Les activités humaines ont tendance à transformer en chaleur des formes plus nobles d’énergie, c’est-à-dire à dégrader l’énergie, ou encore à générer de l’entropie : se chauffer, allumer une lampe, rouler en voiture, …
Nicholas Georgescu-Roegen, économiste roumain, a appliqué la loi de l’entropie à la macroéconomie et à l’utilisation de nos ressources naturelles. Le concept d’entropie offre une « grille » d’analyse intéressante d’un point de vue écologique : toute activité humaine est génératrice d’entropie, et l’entropie ne peut qu’augmenter. A l’inverse, une entropie nulle, c’est aussi la mort…
Et puis surtout, on peut tenter de trouver un certain équilibre : l’utilisation d’énergies renouvelables, par exemple l’énergie solaire qui nous arrive de toutes manières, va bien entendu contribuer nettement moins à l’augmentation de l’entropie que l’utilisation de l’énergie fossile. S’il n’y a pas de « miracle », utiliser la chaleur pour produire de la chaleur est toutefois moins « dégradant » qu’utiliser une matière noble comme le pétrole. Le photovoltaïque va quant à lui nous donner de l’électricité, une forme très élevée d’énergie qu’il serait dommage de transformer en chaleur…
Pourquoi entropies au pluriel ? A cause de cette tentative d’appliquer les principes de la deuxième loi de la thermodynamique au fonctionnement de nos organisations et au traitement de l’information, où l’on se rend compte que le temps intervient plus que pour les autres valeurs physiques, ce qui débouche par exemple sur un concept que j’ai appelé « Low Entropy Management », ainsi que sur celui d’ « IVS » (« Intermédiaire à Valeur Soustraite », souvent synonyme de « directeur » dans l’entreprise…). Les IVS n’ont pas de valeur ajoutée, ils se contentent de faire circuler de l’information, le plus souvent en dégradant sa qualité. D’autant plus que, comme la valeur d’une information est intrinsèquement liée à l’aspect temporel, tout retard dans sa transmission lui fait perdre de la valeur.
Voir aussi :
- la définition sur Wikipedia, résumée ici : Le terme entropie a été introduit en 1865 par Rudolf Clausius à partir d’un mot grec signifiant « transformation ». Il caractérise le niveau de désorganisation, ou d’imprédictibilité du contenu en information d’un système.
- A propos d’entropies qui explique la raison d’être, le fonctionnement, l’histoire et l’évolution d’entropies, probablement sous forme de questions/réponses (ce que entropies est ? ce que entropies n’est pas ? etc…)
Plus tard :
- ajouter Encart sur Création versus Communication
- mettre un lien vers les articles (en FR ou EN)
- mettre un lien vers les articles du blog qui abordent le sujet
- mettre un lien vers « Demain la décroissance » (sur la page « ressources »), ainsi que vers les autres auteurs ayant écrit ou donné une grande importance à l’entropie : par exemple Bernard Stiegler (merci Mathieu !)
mise à jour le 15 décembre 2020