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Si tu donnes un poisson…

Ce petit billet part d’une réflexion intéressante, trouvée sur Facebook (merci Simon pour le partage), et qui amène au moins quatre commentaires.

Un premier que je ne vais pas développer ici, sur la question de savoir si ces deux objectifs peuvent ou non être recherchés « en même temps ». En effet, rien n’empêche d’appliquer les gestes barrière, de prendre les précautions nécessaires, de soigner les malades, et de nourrir ces 4 millions de personnes qui vont mourir de faim. Sauf (thématique souvent abordée par ailleurs) qu’on ne peut pas bien évidemment mettre la priorité sur tout, ce qui revient in fine à ne la mettre sur rien.

Un deuxième, mineur (quoique…), concerne la formulation utilisée « Et si on nourrissait les pauvres… », qui a des relents assez paternalistes. Un troisième est qu’on aurait aussi pu évoquer le nombre de morts liés à la pollution et à des causes environnementales, qui selon une étude récente et surprenante, concernerait plus de 20% de la population, sans que cela nous bouleverse particulièrement.

Mais surtout je voudrais à nouveau revenir sur cette image abusive et cependant fort révélatrice : il ne s’agit pas simplement de nourrir ces 4 millions de personnes. Ni même, comme le dit l’adage, de leur apprendre à pêcher. Ils savent pêcher. Peut-être même savent-ils pêcher mieux que nous.

Mais si nous volons leur terre, pour de l’or ou du bétail, ou même pour en faire un parc naturel, si nous polluons leurs rivières, si nous les contraignons à émigrer vers un bidonville, alors oui, ils risquent fort de mourir de faim.

Ces réflexions peuvent paraître « anecdotiques », et pourtant je persiste à croire qu’une grande partie des difficultés dramatiques des pays du Sud et en particulier des peuples autochtones trouve son origine au Nord, et que s’y attaquer de façon structurelle reste absolument indispensable.

Last updated on January 15, 2023

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