David Graeber

David Graeber est « mort à Venise » ce 2 septembre 2020. Il avait 59 ans, et sa mort m’a personnellement affecté, même si je ne l’ai jamais rencontré (ce qu’il était, ce qu’il représentait, Venise, 59 ans, …)

Nous partagions bon nombre d’influences, entre autres Pierre Clastres, Karl Polanyi ou Marcel Mauss. Et même si je n’ai pas (encore ?) lu ses livres, j’avais lu et écouté un grand nombre d’interviews.

David Graeber est un « anthropologue anarchiste », tel qu’il se définit lui-même, et il est l’une des figures de proue, si ce n’est le fondateur, du mouvement « Occupy Wall Street ». C’était un anthropologue « engagé », il avait beaucoup écrit, sur la bureaucratie, sur la dette, sur l’écologie, sur la rebellion, entre autres…

A sa mort, il a été salué par des centaines d’intellectuels engagés de par le monde, et (à ma connaissance) il n’y eut pas une ligne dans « Le Soir »… même si par la suite, sa disparition a bien été mentionnée dans quelques articles, dont un sur « Points de rupture », de Françoise Bloch, qui a également mis en scène « Money! » (la pièce est accessible en ligne, lien disponible sur l’article « Money! »), une pièce exceptionnelle et vivement conseillée, même si cela peut déranger les banquiers, les rentiers, les détenteurs d’actions, et même tout le monde, notre degré d’implication étant variable mais jamais nul, autant apprendre à « vivre avec » – quoique… peut-être faut-il justement ne pas apprendre… ?

Voici une petite sélection d’entretiens, de citations, d’hommages, ainsi que quelques références disséminées pour qui serait intéressé :

Citations

« Plus vous êtes riche, moins vous êtes capable de comprendre les autres »

« Nos institutions sont antidémocratiques »

« À chaque fois que vous traitez un être humain avec considération et respect, vous êtes un anarchiste. »

« Des millions de personnes souffrent aujourd’hui d’un terrible manque de sens, couplé à un sentiment d’inutilité sociale. Par bien des aspects, le système où nous vivons relève moins du capitalisme que d’une forme de féodalité managériale. »

« We are the 99%« 

Hommages

Jason Hickel : « There are few Western intellectuals today who are as devoted to struggles for justice in the global South as David Graeber was. From Rojava to Palestine, he was a true internationalist and unflagging in his solidarity ».

Hervé Kempft : « David Graeber est mort. Trop triste, vraiment. A retenir, entre autres de ses textes, un merveilleux petit livre : « Pour une écologie anarchiste » (Lux). Le genre de textes qui changent votre vision du monde. Adios »

Diana Filippova : « Il faut maintenant se faire à l’idée que David Graeber n’est plus. Relire ce qui reste, à commencer par l’un de ses premiers et meilleurs, Possibilities, recueil de géniaux essais sur la hiérarchie, la rébellion, le désir, la magie, les fétiches, Madagascar, Bourdieu… »

Articles

Un article du blog de Mediapart : La sagesse de Kondiaronk, par David Graeber et David Wengrow (1/5), par Revue du MAUSS – Dans ce texte inédit, l’anthropologue David Graeber et l’archéologue David Wengrow montrent que l’idéologie du progrès fut une réaction conservatrice contre la diffusion des idées de Kondiaronk, sorte de Socrate amérindien, afin de justifier les inégalités occidentales.

Eric Aeschimann dans L’Obs : « David Graeber, l’anthropologue des « bullshit jobs » et d’Occupy Wall Street, est mort » (réservé aux abonnés… si vous voulez, je vous l’envoie !)

Et enfin, pour avoir de multiples références d’articles, d’entretiens, de livres, il aurait suffi d’aller regarder les résultats de recherche

NB : si je le tweete un jour, mettre en copie @KEMPFHERVE, @jasonhickel et @ericaeschimann

Last updated on January 14, 2023

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