Ce billet est une réaction à la chronique radio ci-dessus (ceux qui préfèreraient peuvent en trouver une version papier ici). Une version courte de cette réaction a été postée sur le site de la RTBF (voir plus bas).
Cher Amid,
Mais quelle excellente idée d’aller à contre-courant et de ne pas accepter le « prêt-à-penser ». Pourquoi alors faire le contraire, et endosser des raisonnements fallacieux, voire économiquement pervers ?
En effet, la logique que ce distingué et très orthodoxe professeur utilise ressemble fort à un « syllogisme économique » : chaque proposition paraît correcte, mais l’ensemble aboutit à un résultat erroné ! Ainsi, il vaudrait mieux, dans l’intérêt à la fois du petit producteur de Wavre ou de Dardilly, du consommateur et du contribuable, que l’on continue à manger les pommes les moins chères, venant du bout du monde et produites avec des engrais nocifs par des enfants sous-payés…
Cherchez l’erreur. N’y aurait-il pas des failles dans le raisonnement ? La doxa ultra-libérale sous-jacente vous entraîne à accepter sans les questionner une série de postulats pourtant démentis par les faits. Par exemple le fait que l’efficacité soit liée à la taille : c’est loin d’être toujours vrai, et les résultats des grandes structures illustrent clairement la loi des rendements décroissants (voir aussi les rendements excellents obtenus sur de toutes petites surfaces). Ou encore à mentionner les coûts de transport et à ne plus en tenir compte par la suite.
Philippe Silberzahn est dans une posture idéologique, louant sans discrimination les bienfaits de la division du travail, et poussant le « localisme » à un point caricatural, afin de pouvoir mieux le critiquer… Il n’a pas dû voir « Demain (le film) ». En même temps, on ne peut probablement pas demander aux élites économiques, parisiennes et polytechniques, de remettre en cause le système qui les a formatées, qui les nourrit, et qu’elles ont surtout appris à « reproduire ».
Merci quand même de nous avoir fait réfléchir !
Cordialement
Et pour ceux qui voudraient consulter le triste original: philippesilberzahn.com/2016/09/05/le-vrai-danger-du-consommer-local/
Version courte postée sur le site de Classic21 (limité à 1000 caractères):
Quelle excellente idée de ne pas accepter le « prêt-à-penser »! Pourquoi alors endosser de tels raisonnements, qui ressemblent fort à un « syllogisme économique » : chaque proposition paraît correcte et l’ensemble aboutit à un résultat erroné ! Ainsi, il vaudrait mieux, dans l’intérêt à la fois du petit producteur de Dardilly, du consommateur et du contribuable, que l’on continue à manger les pommes les moins chères, venant du bout du monde et produites avec des engrais nocifs par des enfants sous-payés… Cherchez l’erreur. Y aurait-il des failles dans le raisonnement ? La doxa ultra-libérale entraîne Philippe Silberzahn à accepter des postulats pourtant démentis par les faits (tels que l’efficacité liée à la taille), à oublier les coûts de transports après les avoir mentionnés et à pousser le « consommer local » à un point caricatural afin de pouvoir mieux le critiquer… Merci quand même de nous avoir fait réfléchir !
07-09-2016 16:38
PS : encore merci à Luc Schuiten pour ces magnifiques images « copyleft » !
Last updated on January 12, 2023