A l’occasion de la COP 21, tout le monde se met à parler d’écologie, et il y aurait presque consensus sur la nécessité d’aboutir. Quant aux moyens à mettre en oeuvre, et surtout à un indispensable changement de notre modèle économique, c’est beaucoup moins clair…
J’entendais Corinne Lepage (lien à mettre vers le vers podcast France Inter) mettre en avant les multiples initiatives, ou Nicolas Hulot, qui se démène avec énergie, et qui est même en train, lentement, de glisser vers une contestation plus radicale du modèle capitaliste – voir sur son site : « Osons, Plaidoyer d’un homme libre ».
Toutes les initiatives sont évidemment louables, toutes sont les bienvenues, toutes sont nécessaires, mais cela sera-t-il suffisant ? J’aurais plutôt tendance à être d’accord avec Pierre Rabhi, quand il doute avec un grand pessimisme, et dit attendre la « COP 88″… Il met en doute ces grands engagements étatiques, d’ailleurs très souvent contredits dans les faits (comment oser encore aujourd’hui favoriser le transport par autocar ?) et est plutôt en faveur d’un changement radical individuel, ce qu’il est arrivé à faire personnellement.
Je crois aussi que cette cohérence individuelle avec ses idées est évidemment souhaitable. Après, pour avoir tenté il y a bien longtemps de la mettre en pratique (en 1984 à Barsy), j’aurais aujourd’hui tendance à être moins radical… Cette cohérence me paraît toujours fortement souhaitable, mais tant que ce mode de vie restera aussi marginal, il restera aussi très difficile à assumer.
Alors nous devrons probablement nous passer d’une cohérence absolue, qui du reste n’existe probablement pas (l’arrêt de toute production d’entropie signifiant tout simplement la mort…). Vivons le plus possible en accord avec nos idées, mais vivons !
D’autant que cette mise en pratique (respectable et souhaitable, rappelons-le) n’est pas la panacée non plus : si nous devons attendre que tout le monde soit « librement » convaincu, la planète sera morte avant !
Attendre la simple addition des initiatives locales ne suffira pas…
Attendre d’éventuelles décisions et surtout actions politiques ne suffira pas…
Attendre une prise de conscience individuelle généralisée ne suffira pas…
Alors ?
Aller plus loin…
Faire en sorte que les initiatives locales convergent, les soutenir réellement, et surtout changer de modèle. Avec l’aide du Sud !
S’il ne s’agit pas de « révolution » au sens violent du terme, il s’agit néanmoins de changer radicalement de mode de vie, et surtout de mode d’échange.
En dépassant le modèle capitaliste dominant. en recréant « à côté » une autre forme d’écosystème, sans doute partiellement virtuel, qui aura comme conséquence une baisse concomitante et progressive de l’importance du capitalisme.
La force des lobbies, la force du système est bien trop grande pour être affrontée frontalement. Les moyens mis en oeuvre sont ridicules au regard de ceux dont disposent le monde de l’entreprise, et plus encore celui de la finance.
Toute augmentation des échanges non marchands se fait aux dépens des échanges marchands. Poussé à l’extrême, sans consommateurs, sans investisseurs, sans travailleurs, le capitalisme dans sa forme actuelle n’existe plus…
Thoreau disait qu’ « être contre le système, c’est déjà y participer »
Soyons donc ailleurs, à côté, quelques dizaines de millions de personnes, à montrer que l’utopie est la seule solution réaliste…