Au-delà des attentats

Toutes les guerres et toutes les formes de guerre sont condamnables. Les attentats, mais aussi celles que « nous » menons, ou avons menées, en Irak, en Afghanistan, en Libye, et aujourd’hui en Syrie.

Alors faut-il ne rien faire ? Doit-on accepter la prise de pouvoir, la création d’Etats dont l’objectif serait de nous détruire, et qui en prime ont un comportement « barbare » vis-à-vis des populations directement concernées ?

Même si cette question se pose, elle risque de n’avoir que des mauvaises réponses ! Alors au moins, allons un peu plus loin et essayons de nous poser d’autres questions…

La France et la coalition occidentale ne doutent pas de leur légitimité à frapper l’Etat islamique en Syrie. Mais les terroristes qui frappent la France ne doutent pas non plus de leur légitimité : ils se croient dans leur « bon droit », se voient comme des « résistants » aux attaques occidentales en Syrie. Que cela nous semble inacceptable ne changera pas leur vision du monde.

Rien ne peut bien entendu justifier ni les attentats, ni légitimer les agissements de l’Etat Islamique au Levant. Mais bien des choses devraient cependant nous permettre de les « expliquer », à défaut de les comprendre.

Comment se fait-il que des « enfants de la République », des femmes même, puissent avoir envie d’aller combattre en Syrie dans ces conditions ?

Il ne s’agit pas de tout ramener à un « impérialisme occidental »…

Il ne s’agit pas non plus d’exonérer la responsabilité individuelle des terroristes, ni celle de régimes dont le comportement contribue à cette radicalisation – voire soutient un enseignement extrémiste.

Mais bien d’accepter de se poser les bonnes questions sur notre soutien à ces régimes, et sur notre comportement à l’égard du monde, et du du monde musulman en particulier.

Je n’entrerai pas par ailleurs dans la discussion portant sur l’éventuel caractère « ontologiquement violent » de l’islam, parce que je crois que cette controverse est relativement stérile – en tous les cas de peu d’importance dans les solutions à trouver.

Il serait bien entendu préférable qu’il y ait unanimité dans le monde musulman pour lever les ambiguïtés de certains textes, mais, alors que la religion catholique n’est pas sujette à ces mêmes soucis d’interprétation, c’est en son nom qu’ont eu lieu de multiples guerres de religion, les croisades (qui furent parfois d’une violence « gratuite »), l’inquisition, le massacre des indiens d’Amérique latine et de nombreuses formes de colonisation.

Autres temps, soit. Mais si, je le répète, les traces et les prolongations de notre propre comportement ne peuvent rien justifier, elles devraient au moins nous éclairer et nous inciter à une réaction appropriée, bien au-delà de simples mesures sécuritaires.

Last updated on January 31, 2023

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